Je dédie se site à ma petite fille chérie qui est partie bien trop tôt pour son dernier voyage le 10 janvier 2002 à l' âge de 26 ans

27-11-03

Mes parents

 

 

 

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          Je ne suis pas écrivain, et j'ai nullement la prétention de faire mon autobiographie, si j'ai écrit ces quelques histoires tirées de mon enfance c'est juste pour vous faire partager quelques souvenirs et histoires drôles des années 60 , l'époque ou un enfant avait encore le droit d'être un enfant....           

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Mes parents
      
Troisièmes filles d’une famille de 4 enfants , je peux affirmer haut et fort que mon enfance fût des plus heureuse , s’il est vrai que nous n’étions pas riche, nous n’avons pourtant jamais manqué de rien et surtout pas de l’essentiel : l’amour de nos parents.
      Papa était peintre en bâtiment et maman se partageait entre les chantiers, où elle valait bien un homme malgré sa petite taille, et son foyer car elle était toujours là pour nous accueillir après l’école.

 

 


  Maman vient d’une famille protestante du nord de l’Alsace, dans « l’Alsace bossu » comme on dit chez nous

 

 

Papa quand a lui vient d’une famille catholique très croyante, qui à mon avis frisait presque le fanatisme.

 


  En ces temps là certains villages étaient entièrement « Protestant » ou « Catholique» ou presque …
  On ne mélangeait pas les familles, un mariage inter religieux était inconcevable
  Mais mes parents s’aimaient là était leur force mais aussi leur faiblesse.
  Ils bravèrent donc les tabous et se marièrent par une belle journée de l’an 1951.
  Ils faut dire qu’il leur a fallu beaucoup de courage pour braver les foudres de mon grand-père paternel, c’était un Catholique pur et dur de la vieille école un peu extrémiste sur les bords et les bords étaient larges et avoir une belle-mère telle que ma grand-mère paternelle n’était pas un cadeau, une vrai peste.
  Je vous choque ? … et bien c’était pourtant la vérité, elle comptait bien faire payer à ma mère durant sa vie entière, le fait d’avoir oser épouser son fils, pensez donc… une protestante, pauvre, sans aucune dot.
  Les parents de mon père étaient des fermiers aisés avec un gros tas de fumier devant la porte, ne riez pas, je vous explique… Les fermes de village étaient alignées les unes à coté des autres le long des deux cotés de la route principale qui traversait le village et l’on pouvait estimer la richesse d’un fermier à la hauteur du tas de fumier qui se trouvait toujours devant la porte , c'est-à-dire juste à coté de l’étable, plus le tas était impressionnant , plus le fermier avait de bêtes et de terres plus il était riche enfin… c’était vrai à l’époque car mes grands- parents paternels avaient deux vaches , un cochon, quelques lapins et autant de poules, les quelques lopins de terre leurs permettaient de nourrir toute la famille y compris les bêtes et mon grand-père qui était maçon de métier apportait le confort et parfois le superflu grâce à son salaire mensuel et mon père était fils unique….
  Ma mère, elle, venait d’une famille modeste qui comptait 5 enfants, son père était cantonnier et grâce au petit jardin, quelques poules et deux chèvres ils arrivaient difficilement à joindre les deux bouts, ma grand-mère maternelle était une maîtresse femme, elle dût élever ses 5 enfants toute seule, mon grand-père ne revenant que les week-end , c’est pourquoi elle fût particulièrement sévère avec maman qui était l’aînée, c’est elle qui avait toutes les corvées et la garde des plus petits lorsque ma grand-mère allait aider aux champs, quelques part, je me dis, que maman s’est mariée si jeune pour pouvoir quitter au plus vite la maison… mais….. pour trouver bien pis malheureusement….
  Malgré tout, nous avons eu une enfance très heureuse, dans l’ignorance des mesquineries et chicaneries de nos grands-parents paternels, qui ont bien souvent fait pleurer maman.
  Nous étions entourés de l’amour infini de nos parents et papa prenait toujours la défense de sa femme quoi qu’il arrive.
  A peine mariée, maman fut vite enceinte de mes sœurs (des jumelles), qui arrivèrent au monde à Strasbourg en 1952, quatre ans plus tard c’est moi qui montrait mon petit bout de nez par la journée la plus froide de l’hiver de l’année 1956, papa dût marcher 10 km par moins 32° pour aller chercher la voiture du garagiste qui emmènerait maman à l’hôpital le plus proche. , (j’aurais dû être le garçon hi ! hi ! hi !) Il m’en parle encore souvent maintenant
  J’avais deux ans lorsqu’ils débarquèrent à Ste Marie aux mines, une petite ville industrielle de 15000 âmes en Alsace centrale au pied des Vosges. Papa voulait se mettre à son compte et grâce à un ami qui tenait un restaurant-boulangerie, il eût l’opportunité de le faire.
  Ils achetèrent donc une maison avec une ancienne limonaderie que mon grand-père paternel transforma en atelier de peinture et oui vous avez bien compris…cela aurait été l’occasion de séparer les deux familles, je n’ai jamais compris pourquoi ils ont fait suivre la famille paternelle, mais je suppose qu’étant fils unique, papa se sentait coupable d’abandonner ses parents et puis c’était ainsi dans le temps, il n’était pas rare que trois génération vivent ensemble. Il est vrai que mon grand-père l’a beaucoup aidé dans la réfection de la maison, le hic c’est que sa femme en l’occurrence ma grand-mère paternelle faisait aussi partie du voyage, vous me trouvez dure, non croyez moi c’était vraiment une méchante femme comme on les rencontre dans les contes de fées. Bien que parfois elle avait aussi des bons côtés mais ils étaient rares.
  Grand-père Joseph quand à lui n’était pas méchant bougre mis à part son obsession religieuse et je crois bien qu’il aimait bien maman mais il était sous la coupe de sa femme et se laissait souvent monter le bourrichon par elle.
  Mon frère naquît donc à Ste Marie aux Mines en 1960.. enfin le petit prince était là, celui qui transmettrait le nom de famille à la génération suivante.
  Petit prince il le fût, gâté par toute la famille, y compris par moi-même, c’était un beau gosse espiègle à souhait , les yeux pétillaient de malice, faut dire qu’il était tellement craquant, la fierté de notre père et de son grand père, moi-même je passais inaperçue, il y avait les jumelles, des petites filles modèles parait-il... et le fils, le petit dernier. Ho!... ne vous méprenez pas, je ne me plains pas, c’est juste une constatation, je n’avais d'ailleurs aucune raison de me plaindre, j’avais tout l’amour que je désirais et cet anonymat m’arrangeait bien, on ne se mêlait pas de mes affaires et c’était très bien ainsi.

   

Posté par mirose à 10:20 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


Commentaires sur Mes parents

    Comme c'est agréable de lire tous ces passages de ta vie. Ta réussite tu ne l'as pas volée à personne. On sent le bonheur que tu avais au coeur de ta famille. Moi aussi j'ai été élevée sur une ferme. Nous étions 12 enfants et mes parents n'étaient pas riches mais de l'amour plein le coeur et ils ont réussi avec leur persévérance à nous faire instruire. La famille était importante à cette époque. Elle l'est encore de nos jours, mais d'une autre façon. Les enfants sont plus gâtés. Nous, nous nous contentions de peu. Nous étions heureux et avons appris à travailler de nos mains.
    C'était le bon temps pour nous.
    Voilà pour ma tartine.
    Merci d'être là

    Gisèle

    Posté par Gisèle, 05-06-10 à 17:01 | | Répondre
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