Je dédie se site à ma petite fille chérie qui est partie bien trop tôt pour son dernier voyage le 10 janvier 2002 à l' âge de 26 ans

25-11-03

Il était une fois un Noël en Alsace en 1964

Photofenetre

 

Mon Noël 1964 en Alsace

Pour moi décembre était un mois merveilleux, il commençait le 5 décembre au soir, les guirlandes accrochées laborieusement dans les rue de notre petit ville s’allumaient toutes en même temps ce soir là c' était magique , c’est alors que retentissait la petite clochette cristalline qui annonçait la venu de Saint Nicolas mais aussi celle du père fouettard et nous faisions à ce moment là avec appréhension un rapide compte rendu des bêtises faites au courant de l’année, qui pourrait bien nous valoir quelques coups de fouet.
Saint Nicolas, ce Saint homme apportait aux enfants sages pains d’épices, bonbons et mandarines mais aussi les manalas (petit pain en forme de bonhomme) que nous dégustions à la tombé de la nuit avec un gros bol de chocolat fait maison.
Père fouettard accompagnait toujours Saint Nicolas, ombre noire vêtu d’une grande cape grise muni d’un long martinet aux lanières de cuir gigantesques, de quoi vous donnez la chair de poule, son sac était quand à lui rempli de charbon noir qu’il laissait comme cadeau aux enfants méchants.
Entre le 6 et le 24 au soir nous avions de quoi nous occuper, répétition pour la crèche vivante de la messe familiale, shoping au prisunic du coin ,disons plutôt lèche vitrine et le mot est faible car nous bavions littéralement devant les stands des derniers jouets à la mode.
Enfin arrivait le grand jour. Chez nous la tradition est de fêter en famille le soir du 24 avant de nous rendre à la messe de minuit. C’était la surprise totale, toute la journée nous étions confinés dans la cuisine, interdit de nous rendre au salon et les chambres étaient bien trop froides, elles n’étaient pas chauffées par mesure d’économie, on laissait toutes les portes ouvertes au moment d’aller au lit pour tempérer la maison, sauf par grand froid, à ce moment là on allumait les poêles à mazout.
Imaginez vous 4 enfants de 4 à 12 ans prisonniers dans une cuisine de 4m sur 5. Maman débordait d’imagination pour nous occuper et nous tenir à carreaux.
C’était la journée des Bredalas .ces petits biscuits au beurre ou a la noix de coco que nous découpions à l’emporte pièce en forme de coeur, de botte ou encore d' étoile et qui sentaient tellement bon à la sortie du four.
On faisait aussi la brioche ou le kouglof pour la journée du lendemain et nous guettions avec amusement le moment ou cette pâte élastique terminait sa course sur une de nos joues Vlan !!! c' était rigolo.... Nous laissant malgré tout surpris, avec un bout de nez saupoudré de farine blanche.
Malgré cela le temps passait lentement et les chamailleries se faisaient de plus en plus fréquentes au fur et à mesure que les minutes s'égrainaient , c’était à celui qui s’approchait le plus prêt possible du trou de serrure de la porte du salon.
C’est là que tout se passait….
Papa et Grand-père se barricadaient dans le salon , nous entendions des coups de marteaux, des froissements de papiers et même parfois du verre cassé, cela durait des heures et nous étions de plus en plus excités, ce qui se terminait à tous les coups par une fessée générale.
Vers 19h nous nous mettions tous à table, toujours à la cuisine, c’était peut-être le seul soir de l’année ou nous finissions nos assiettes sans rouspéter et ceci en quatrième vitesse car il ne fallait pas s’attarder, le paradis se trouvait derrière cette foutu porte de salon.
Mais il y avait encore la vaisselle, décidément tout était mis en oeuvre pour nous rendre chèvre.
Enfin vers 20h, c’était le moment tant attendu, les yeux brillants nous nous pressions derrière maman, et la porte magique s’ouvrait enfinnnnnnnnnnnnnnnn…..
Devant nous se dressait le plus grand arbre de Noël que le salon pouvait contenir, décoré de mille boules multicolores et de guirlandes en fibres métalliques déplumées, de vrais bougies brûlaient dans leurs supports, pincées sur les branches vertes, c’était le plus bel arbre que l’on pouvait s’imaginer.
A ses pieds, posée sur du papier de roche froissé, se trouvait la crèche avec tous ses petits santons. Le bœuf et l’âne gris auquel il manquait les deux oreilles victimes des dents acérés de mon petit frère, l’enfant Jésus couché sur la paille, Marie Joseph et les bergers. Quant aux rois mages, ils rejoindraient la petite troupe le 6 décembre comme il se devait.
J’ai toujours encore cette crèche et chaque Noël je la sors avec joie, j’aurais aimé la transmettre à ma fille comme ma mère me l'a transmise mais j’espère maintenant qu’un de mes garçons voudra bien la prendre pour poursuivre cette belle tradition qui est d’émerveiller le cœur d’un enfant.
Enfin s’était la distribution des cadeaux, on déchirait fébrilement les papiers avec des cris de joie, sortant précautionneusement les jouets et autres objets.
Chacun comparait, argumentait, nos cadeaux étaient modestes et simples mais pour nous, c’était le pays des merveilles.
D’ailleurs je me rappelle d’une poupée que mes parents m'ont offerts, peut avant j’avais eu une autre poupée par colis postal de mon parrain, elle se nommait Stèlas.
C’était une grande poupée rousse avec des taches de rousseur.
Ma sœur Evelyne, de 4 ans mon aînée, m’avait cette année là, trahie le secret, une autre poupée, qui selon elle "était pas belle du tout" comparé à la petite rousse, enfin bref elle m’en avait décrit une vrai scène d’horreur, et me fit croire que le meilleur moyen de m’en débarrasser c’était de lui la donner le moment voulu.
Reconnaissante de ses intentions je lui promis donc de lui la remettre dès que j’en aurais fait l’acquisition.
Mais voilà, au moment du déballage, je découvris un ange.
Elle avait de magnifique cheveux long d’un blanc éclatant, une robe tout en dentelle des petites chaussures vernies noires et pour couronner le tout, elle fermait les yeux et disait maman lorsqu’on la mettait en position horizontal.
Le dernier cri en matière de poupée.
Vous vous imaginez bien que j’ai envoyé balader ma sœur sans état d’âme, me mentir à ce point là… enfin non !!!..... bon je ne peux pas lui en vouloir, j’aurais peut-être fait de même pour une merveille telle que Bella (c’était son nom) et elle l’avait vu avant moi.
Mais va savoir pourquoi ma soeur m’en a voulu pendant des mois de ne pas avoir tenu parole … je n'ai su que dernièrement qu'elle l'avait quand même récupérer lorsque je suis devenu adolescente ,et que je m'en suis désinteréssée , je me demandais bien ou elle avait disparu hi!hi!hi!
Heureusement, qu’elle n'était pas trop rancunière ,c’est une sœur merveilleuse et je ne l’échangerai pour rien au monde, même contre toutes les Bella du monde.

A minuit nous partions avec nos grands- parents à la messe, c'était le seul moment de l'année ou l'église est pleine à craquer, j'ai toujours aimé la messe de minuit, c'est à mon avis la plus belle de l'année. Elle fait partie de ce monde féerique de Noël à part entière et les chants raisonnent d'une seule voix sous la voute du ciel
J’aime toujours autant
Noël, pour moi c’est une période magique avec ces lumières, ces marchés de Noël, ces petites gâteaux et joujoux, c’est un moment de grande joie.
Mais surtout, ce que j’aime le plus c’est que c’est un moment privilégié ou la famille est réuni autour d’un bon repas dans une ambiance d’amour et de bonheur pour fêter cette anniversaire de la naissance du christ que l’on y croit ou pas ...
Les traditions amènent à la société des valeurs et sans valeur une nation s’enlise dans le chaos, j’en suis intimement persuadée. Bien sûr toutes ne sont pas toujours bonnes  et peuvent amener souffrance et haine mais dans ce cas là,  il faut sans état d' âme les éliminer .
Pour moi Noël est le moment de l’année ou la bonté, l’altruisme et l’amour règnent sur terre et dans la majorité des cœurs et il est bon que ce soit ainsi.
Même si d’autres vous dirons que c’est une fête commerciale... et alors !!!
Ne me dite pas que vous n’aimez pas être gâté.
D’ailleurs moi je prends presque plus de plaisir à offrir qu' à recevoir et vous?.

J'espère pouvoir fêter encore longtemps Noël avec ceux que j'aime et j'espère aussi qu'un jour je pourrais à nouveau construire la petite crèche sous l'arbre de Noël avec  à coté de moi une petite tête blonde les yeux pétillants de malice

g


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Posté par mirose à 18:16 - - Commentaires [4] - Permalien [#]


Commentaires sur Il était une fois un Noël en Alsace en 1964

    Noël

    J'habite Strasbourg et je me rappelle aussi de ces instants magiques lors des fêtes de Noël il y a quelques décennies. Il est dommage que Noël est devenu une fête commerciale et nos enfants et petits-enfants ne revivront plus ces instants privilégiés que nous avons vécus.
    Je trouve votre site magnifique.
    Bonne soirée.
    Eliane

    Posté par Eliane, 25-11-10 à 22:40 | | Répondre
  • oh la bavarde ! je reviendrais une autre fois..pour tout lire...maintenant j'vais me coucher... lol...bisous

    Posté par VIVI, 26-11-10 à 03:26 | | Répondre
  • A quelques petits détails près, j'ai l'impression de revivre ma propre enfance en ce mois de décembre hi hi hi !!!!

    Posté par Manon, 27-11-10 à 14:35 | | Répondre
  • Les souvenirs de Noël sont souvent les plus beaux car tous y ont participés autour de nous !Amitiés
    PS j'adore vos images !!!

    Posté par sylbie, 16-12-10 à 09:41 | | Répondre
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