Je dédie se site à ma petite fille chérie qui est partie bien trop tôt pour son dernier voyage le 10 janvier 2002 à l' âge de 26 ans

27-11-03

Mes parents

 

 

 

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          Je ne suis pas écrivain, et j'ai nullement la prétention de faire mon autobiographie, si j'ai écrit ces quelques histoires tirées de mon enfance c'est juste pour vous faire partager quelques souvenirs et histoires drôles des années 60 , l'époque ou un enfant avait encore le droit d'être un enfant....           

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Mes parents
      
Troisièmes filles d’une famille de 4 enfants , je peux affirmer haut et fort que mon enfance fût des plus heureuse , s’il est vrai que nous n’étions pas riche, nous n’avons pourtant jamais manqué de rien et surtout pas de l’essentiel : l’amour de nos parents.
      Papa était peintre en bâtiment et maman se partageait entre les chantiers, où elle valait bien un homme malgré sa petite taille, et son foyer car elle était toujours là pour nous accueillir après l’école.

 

 


  Maman vient d’une famille protestante du nord de l’Alsace, dans « l’Alsace bossu » comme on dit chez nous

 

 

Papa quand a lui vient d’une famille catholique très croyante, qui à mon avis frisait presque le fanatisme.

 


  En ces temps là certains villages étaient entièrement « Protestant » ou « Catholique» ou presque …
  On ne mélangeait pas les familles, un mariage inter religieux était inconcevable
  Mais mes parents s’aimaient là était leur force mais aussi leur faiblesse.
  Ils bravèrent donc les tabous et se marièrent par une belle journée de l’an 1951.
  Ils faut dire qu’il leur a fallu beaucoup de courage pour braver les foudres de mon grand-père paternel, c’était un Catholique pur et dur de la vieille école un peu extrémiste sur les bords et les bords étaient larges et avoir une belle-mère telle que ma grand-mère paternelle n’était pas un cadeau, une vrai peste.
  Je vous choque ? … et bien c’était pourtant la vérité, elle comptait bien faire payer à ma mère durant sa vie entière, le fait d’avoir oser épouser son fils, pensez donc… une protestante, pauvre, sans aucune dot.
  Les parents de mon père étaient des fermiers aisés avec un gros tas de fumier devant la porte, ne riez pas, je vous explique… Les fermes de village étaient alignées les unes à coté des autres le long des deux cotés de la route principale qui traversait le village et l’on pouvait estimer la richesse d’un fermier à la hauteur du tas de fumier qui se trouvait toujours devant la porte , c'est-à-dire juste à coté de l’étable, plus le tas était impressionnant , plus le fermier avait de bêtes et de terres plus il était riche enfin… c’était vrai à l’époque car mes grands- parents paternels avaient deux vaches , un cochon, quelques lapins et autant de poules, les quelques lopins de terre leurs permettaient de nourrir toute la famille y compris les bêtes et mon grand-père qui était maçon de métier apportait le confort et parfois le superflu grâce à son salaire mensuel et mon père était fils unique….
  Ma mère, elle, venait d’une famille modeste qui comptait 5 enfants, son père était cantonnier et grâce au petit jardin, quelques poules et deux chèvres ils arrivaient difficilement à joindre les deux bouts, ma grand-mère maternelle était une maîtresse femme, elle dût élever ses 5 enfants toute seule, mon grand-père ne revenant que les week-end , c’est pourquoi elle fût particulièrement sévère avec maman qui était l’aînée, c’est elle qui avait toutes les corvées et la garde des plus petits lorsque ma grand-mère allait aider aux champs, quelques part, je me dis, que maman s’est mariée si jeune pour pouvoir quitter au plus vite la maison… mais….. pour trouver bien pis malheureusement….
  Malgré tout, nous avons eu une enfance très heureuse, dans l’ignorance des mesquineries et chicaneries de nos grands-parents paternels, qui ont bien souvent fait pleurer maman.
  Nous étions entourés de l’amour infini de nos parents et papa prenait toujours la défense de sa femme quoi qu’il arrive.
  A peine mariée, maman fut vite enceinte de mes sœurs (des jumelles), qui arrivèrent au monde à Strasbourg en 1952, quatre ans plus tard c’est moi qui montrait mon petit bout de nez par la journée la plus froide de l’hiver de l’année 1956, papa dût marcher 10 km par moins 32° pour aller chercher la voiture du garagiste qui emmènerait maman à l’hôpital le plus proche. , (j’aurais dû être le garçon hi ! hi ! hi !) Il m’en parle encore souvent maintenant
  J’avais deux ans lorsqu’ils débarquèrent à Ste Marie aux mines, une petite ville industrielle de 15000 âmes en Alsace centrale au pied des Vosges. Papa voulait se mettre à son compte et grâce à un ami qui tenait un restaurant-boulangerie, il eût l’opportunité de le faire.
  Ils achetèrent donc une maison avec une ancienne limonaderie que mon grand-père paternel transforma en atelier de peinture et oui vous avez bien compris…cela aurait été l’occasion de séparer les deux familles, je n’ai jamais compris pourquoi ils ont fait suivre la famille paternelle, mais je suppose qu’étant fils unique, papa se sentait coupable d’abandonner ses parents et puis c’était ainsi dans le temps, il n’était pas rare que trois génération vivent ensemble. Il est vrai que mon grand-père l’a beaucoup aidé dans la réfection de la maison, le hic c’est que sa femme en l’occurrence ma grand-mère paternelle faisait aussi partie du voyage, vous me trouvez dure, non croyez moi c’était vraiment une méchante femme comme on les rencontre dans les contes de fées. Bien que parfois elle avait aussi des bons côtés mais ils étaient rares.
  Grand-père Joseph quand à lui n’était pas méchant bougre mis à part son obsession religieuse et je crois bien qu’il aimait bien maman mais il était sous la coupe de sa femme et se laissait souvent monter le bourrichon par elle.
  Mon frère naquît donc à Ste Marie aux Mines en 1960.. enfin le petit prince était là, celui qui transmettrait le nom de famille à la génération suivante.
  Petit prince il le fût, gâté par toute la famille, y compris par moi-même, c’était un beau gosse espiègle à souhait , les yeux pétillaient de malice, faut dire qu’il était tellement craquant, la fierté de notre père et de son grand père, moi-même je passais inaperçue, il y avait les jumelles, des petites filles modèles parait-il... et le fils, le petit dernier. Ho!... ne vous méprenez pas, je ne me plains pas, c’est juste une constatation, je n’avais d'ailleurs aucune raison de me plaindre, j’avais tout l’amour que je désirais et cet anonymat m’arrangeait bien, on ne se mêlait pas de mes affaires et c’était très bien ainsi.

   

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25-11-03

Il était une fois un Noël en Alsace en 1964

Photofenetre

 

Mon Noël 1964 en Alsace

Pour moi décembre était un mois merveilleux, il commençait le 5 décembre au soir, les guirlandes accrochées laborieusement dans les rue de notre petit ville s’allumaient toutes en même temps ce soir là c' était magique , c’est alors que retentissait la petite clochette cristalline qui annonçait la venu de Saint Nicolas mais aussi celle du père fouettard et nous faisions à ce moment là avec appréhension un rapide compte rendu des bêtises faites au courant de l’année, qui pourrait bien nous valoir quelques coups de fouet.
Saint Nicolas, ce Saint homme apportait aux enfants sages pains d’épices, bonbons et mandarines mais aussi les manalas (petit pain en forme de bonhomme) que nous dégustions à la tombé de la nuit avec un gros bol de chocolat fait maison.
Père fouettard accompagnait toujours Saint Nicolas, ombre noire vêtu d’une grande cape grise muni d’un long martinet aux lanières de cuir gigantesques, de quoi vous donnez la chair de poule, son sac était quand à lui rempli de charbon noir qu’il laissait comme cadeau aux enfants méchants.
Entre le 6 et le 24 au soir nous avions de quoi nous occuper, répétition pour la crèche vivante de la messe familiale, shoping au prisunic du coin ,disons plutôt lèche vitrine et le mot est faible car nous bavions littéralement devant les stands des derniers jouets à la mode.
Enfin arrivait le grand jour. Chez nous la tradition est de fêter en famille le soir du 24 avant de nous rendre à la messe de minuit. C’était la surprise totale, toute la journée nous étions confinés dans la cuisine, interdit de nous rendre au salon et les chambres étaient bien trop froides, elles n’étaient pas chauffées par mesure d’économie, on laissait toutes les portes ouvertes au moment d’aller au lit pour tempérer la maison, sauf par grand froid, à ce moment là on allumait les poêles à mazout.
Imaginez vous 4 enfants de 4 à 12 ans prisonniers dans une cuisine de 4m sur 5. Maman débordait d’imagination pour nous occuper et nous tenir à carreaux.
C’était la journée des Bredalas .ces petits biscuits au beurre ou a la noix de coco que nous découpions à l’emporte pièce en forme de coeur, de botte ou encore d' étoile et qui sentaient tellement bon à la sortie du four.
On faisait aussi la brioche ou le kouglof pour la journée du lendemain et nous guettions avec amusement le moment ou cette pâte élastique terminait sa course sur une de nos joues Vlan !!! c' était rigolo.... Nous laissant malgré tout surpris, avec un bout de nez saupoudré de farine blanche.
Malgré cela le temps passait lentement et les chamailleries se faisaient de plus en plus fréquentes au fur et à mesure que les minutes s'égrainaient , c’était à celui qui s’approchait le plus prêt possible du trou de serrure de la porte du salon.
C’est là que tout se passait….
Papa et Grand-père se barricadaient dans le salon , nous entendions des coups de marteaux, des froissements de papiers et même parfois du verre cassé, cela durait des heures et nous étions de plus en plus excités, ce qui se terminait à tous les coups par une fessée générale.
Vers 19h nous nous mettions tous à table, toujours à la cuisine, c’était peut-être le seul soir de l’année ou nous finissions nos assiettes sans rouspéter et ceci en quatrième vitesse car il ne fallait pas s’attarder, le paradis se trouvait derrière cette foutu porte de salon.
Mais il y avait encore la vaisselle, décidément tout était mis en oeuvre pour nous rendre chèvre.
Enfin vers 20h, c’était le moment tant attendu, les yeux brillants nous nous pressions derrière maman, et la porte magique s’ouvrait enfinnnnnnnnnnnnnnnn…..
Devant nous se dressait le plus grand arbre de Noël que le salon pouvait contenir, décoré de mille boules multicolores et de guirlandes en fibres métalliques déplumées, de vrais bougies brûlaient dans leurs supports, pincées sur les branches vertes, c’était le plus bel arbre que l’on pouvait s’imaginer.
A ses pieds, posée sur du papier de roche froissé, se trouvait la crèche avec tous ses petits santons. Le bœuf et l’âne gris auquel il manquait les deux oreilles victimes des dents acérés de mon petit frère, l’enfant Jésus couché sur la paille, Marie Joseph et les bergers. Quant aux rois mages, ils rejoindraient la petite troupe le 6 décembre comme il se devait.
J’ai toujours encore cette crèche et chaque Noël je la sors avec joie, j’aurais aimé la transmettre à ma fille comme ma mère me l'a transmise mais j’espère maintenant qu’un de mes garçons voudra bien la prendre pour poursuivre cette belle tradition qui est d’émerveiller le cœur d’un enfant.
Enfin s’était la distribution des cadeaux, on déchirait fébrilement les papiers avec des cris de joie, sortant précautionneusement les jouets et autres objets.
Chacun comparait, argumentait, nos cadeaux étaient modestes et simples mais pour nous, c’était le pays des merveilles.
D’ailleurs je me rappelle d’une poupée que mes parents m'ont offerts, peut avant j’avais eu une autre poupée par colis postal de mon parrain, elle se nommait Stèlas.
C’était une grande poupée rousse avec des taches de rousseur.
Ma sœur Evelyne, de 4 ans mon aînée, m’avait cette année là, trahie le secret, une autre poupée, qui selon elle "était pas belle du tout" comparé à la petite rousse, enfin bref elle m’en avait décrit une vrai scène d’horreur, et me fit croire que le meilleur moyen de m’en débarrasser c’était de lui la donner le moment voulu.
Reconnaissante de ses intentions je lui promis donc de lui la remettre dès que j’en aurais fait l’acquisition.
Mais voilà, au moment du déballage, je découvris un ange.
Elle avait de magnifique cheveux long d’un blanc éclatant, une robe tout en dentelle des petites chaussures vernies noires et pour couronner le tout, elle fermait les yeux et disait maman lorsqu’on la mettait en position horizontal.
Le dernier cri en matière de poupée.
Vous vous imaginez bien que j’ai envoyé balader ma sœur sans état d’âme, me mentir à ce point là… enfin non !!!..... bon je ne peux pas lui en vouloir, j’aurais peut-être fait de même pour une merveille telle que Bella (c’était son nom) et elle l’avait vu avant moi.
Mais va savoir pourquoi ma soeur m’en a voulu pendant des mois de ne pas avoir tenu parole … je n'ai su que dernièrement qu'elle l'avait quand même récupérer lorsque je suis devenu adolescente ,et que je m'en suis désinteréssée , je me demandais bien ou elle avait disparu hi!hi!hi!
Heureusement, qu’elle n'était pas trop rancunière ,c’est une sœur merveilleuse et je ne l’échangerai pour rien au monde, même contre toutes les Bella du monde.

A minuit nous partions avec nos grands- parents à la messe, c'était le seul moment de l'année ou l'église est pleine à craquer, j'ai toujours aimé la messe de minuit, c'est à mon avis la plus belle de l'année. Elle fait partie de ce monde féerique de Noël à part entière et les chants raisonnent d'une seule voix sous la voute du ciel
J’aime toujours autant
Noël, pour moi c’est une période magique avec ces lumières, ces marchés de Noël, ces petites gâteaux et joujoux, c’est un moment de grande joie.
Mais surtout, ce que j’aime le plus c’est que c’est un moment privilégié ou la famille est réuni autour d’un bon repas dans une ambiance d’amour et de bonheur pour fêter cette anniversaire de la naissance du christ que l’on y croit ou pas ...
Les traditions amènent à la société des valeurs et sans valeur une nation s’enlise dans le chaos, j’en suis intimement persuadée. Bien sûr toutes ne sont pas toujours bonnes  et peuvent amener souffrance et haine mais dans ce cas là,  il faut sans état d' âme les éliminer .
Pour moi Noël est le moment de l’année ou la bonté, l’altruisme et l’amour règnent sur terre et dans la majorité des cœurs et il est bon que ce soit ainsi.
Même si d’autres vous dirons que c’est une fête commerciale... et alors !!!
Ne me dite pas que vous n’aimez pas être gâté.
D’ailleurs moi je prends presque plus de plaisir à offrir qu' à recevoir et vous?.

J'espère pouvoir fêter encore longtemps Noël avec ceux que j'aime et j'espère aussi qu'un jour je pourrais à nouveau construire la petite crèche sous l'arbre de Noël avec  à coté de moi une petite tête blonde les yeux pétillants de malice

g


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29-07-03

Education sexuelle...

 

    

Education sexuelle

 

Un bien grand mot dans une famille catholique prude et coincé, C’était le sujet tabou celui dont on parlait jamais.
  Et comme tout enfant, moins on en parle plus on est curieux.
  C'est pourquoi, je voulu un jour de me renseigner sur ce sujet , je vous parle bien sur du baiser , pas la bise, des bisous ça je connaissais et je ne parle pas de la relation sexuelle, on savait même pas que cela existait et quelle meilleure source peut-on trouver à 8 ans (oui je sais j’étais précoce) que ces copains et copines, vous pouvez vous imaginez les âneries qu'ils ont pu me raconter n'étant eux même pas très au courant de la chose.
  Je décidais donc d'en faire moi même l’expérience, on est jamais mieux servi que par soi-même et cela tombait bien car mon petit voisin Yves 10 ans était amoureux de moi, donc pas besoin de chercher plus loin.
  Enfin par un beau matin, je mis ma plus jolie robe et des rubans dans les cheveux bien décidé de séduire ce jeune homme qui avait 2 ans de plus que moi.

  Faut croire que ses hormones le démangeaient car je n' eu aucun mal à le convaincre, le baiser fut des plus fougueux mais ne sachant pas bien comment faire , nos lèvres se rejoignirent ,en un de ces long baiser de cinéma des années 30 , les lèvres bien serréesha! ha! ha! ... pourquoi mettait-on autant de mystère autour d'une chose si banale, il y avait vraiment pas de quoi fouetté un chat ...
  Quelques années plus tard au début de mon adolescence, j' eu le droit à quelques explications vraiment très sommaire de la part de mes parents . N'embrasse pas un garçon... ne dors pas avec un garçon... sinon tu risquerais bien d'avoir un bébé, c'était dit avec une telle conviction et horreur absolue que j'en conclue sur le champs que cela devait être une abomination.
  J'ai vraiment eu à cette époque, quelques suées froides et peur panique d'être enceinte de ce fameux baiser de mes 8 ans, ne riez pas c’est très sérieux, c'est pourquoi je m'empressai de le confesser à notre cher curé.
  J'avais attendu au catéchisme parler de péché impure, cela ne pouvait être que cela... j' eu confirmation de mes craintes quand le curé dans son confessionnal me demanda si je l'avais fait seule ou a deux...
  En y repensant maintenant il aurait du lui aussi aller à confesse, pour curiosité mal placé, m ’enfin!!! un péché impure est un péché impure pourquoi en voulait-ils les détails...
  Heureusement par la suite j'ai choisi un métier dans la petite enfance et là nous avons étudié la procréation de A à Z ouf! ... j'étais sauvée ...
  N'empêche que j'ai vraiment embrassé mon premier garçon qu'à l'âge de 17 ans, non que je n'avais pas envie,mais je ne savais toujours pas comment faire, mais la aussi j'ai eu le droit a quelques explications de la part le Karl un gentil allemand que j'ai rencontré à Munich lors d'un jumelage Franco- Allemand de mon lycée, et échange de culture quoi !!!! faut dire que c'était un expert, ben oui quand on est empotée, on est empotée, je comprends vite mais il faut m'expliquer longtemps hi! hi! hi! .
  Mais depuis je me suis rattrapée, et ma fois je crois que j'ai changé d'avis sur la chose, surtout lorsqu’on aime tendrement son compagnon.

 

 

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Bonne nuit les amis a bientôt

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PS:
   Nini , je ne t'oublie pas , je t'écris dès que possible,  suis un peu surbouké comme d' hab en saison  ;o))))
Manon heureuse de te retrouvez :o))

 

 

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29-06-03

il était une fois un petit homme ......

 

           

Opa Emile

 

C ‘ était, je me souviens, un petit bonhomme tout en rondeur qui ne dépassait pas les 1m60, un éternel béret sur la tête, qui n’avait pas une minute de tranquillité, on aurait cru un de ces personnages de bande dessinée   des années 30.
  Opa était un solitaire, un homme des bois dans tout le sens du terme, il adorait la forêt, c’est là qu’il a passé le plus part de sa vie.
  Grand-père était cantonnier il entretenait les routes de montagnes, il maniait la pelle autant que le rouleau compresseur.
  Tous les lundis il enfourchait sa mobylette et partait parfois à des kilomètres de la maison sur le chantier où il restait toute la semaine.C'est lui qui à fait la route des crêtes dans les Vosges , bien sur, pas tout seul , cela va de soit .
  Mes souvenirs de lui sont assez vagues, mon grand-père n’étant pas là la plus part du temps sauf15 jours pendant le mois de juillet,  nous n’avions pas souvent l’occasion de partager nos loisirs ou autre chose avec lui.
  Toutefois lorsque nous partions avec lui en forêt, c ‘était presque la fête.
Je me souviens d'une fois où après une longue et interminable marche, nous nous sommes retrouvés dans une clairière où poussaient des fraises des bois. Le spectacle fut grandiose, des dizaines de milliers de fraises à perte de vue aussi grosses que des cerises ou presque… on se serait cru dans un champs de minuscules tomates, nous avons ramené 3 grands pots à lait remplis à raz bord de ces fraises succulentes et Oma en a fait une excellente confiture.
  Opa avait le chic de trouver les bons endroits où poussaient toutes sortes de choses, telles que girolles, cèpes, myrtilles et framboises, la forêt était immense et il en connaissait chaque recoin..

  Bien des années plus tard je suis retournée me promener dans cette forêt à la recherche de la clairière aux fraises, mais à mon grand regret je ne l’ai pas trouvé, à moins que ce ne fut cette trouée de 10 m2 que j’ai aperçue entre les arbres, c’est fort possible car à 8 ans les perspectives ne sont pas les mêmes, tout nous semble bien plus grand, ne trouvez-vous pas ?
  Grand-père s’occupait aussi du jardin et de la fenaison pour les chèvres et voulait nous faire croire que les salades poussaient sur les arbres et les choux dans les buissons. A Pâques il nous aidait à construire une vraie petite maison avec un vieux pot de terre cassé pour que le lapin ne se mouille pas la queue et au matin dès les premières lueurs nous descendions voir ce que le lièvre de Pâques nous avait apporté. Il avait l’imagination débordante car selon lui, il se faisait courser régulièrement les nuits par un orage et quelques éclairs grondants, qui ne le rattrapait jamais... mais bien sur…
  Les soirs d’été avec Brigitte sa plus jeune fille (ma tante), nous attrapions tous des lucioles que nous enfermions dans un bocal de verre dont le couvercle était troué et lorsque la nuit était vraiment là nous les lâchions dans le salon c’était un vrai feu d’artifice que nous donnaient ces petits insectes volants, avant de s’enfuir par la fenêtre, au cœur des cris et des rires, comme quoi il faut ne pas grand chose pour réjouir un cœur d’enfant.
  Le matin je l’entendais souvent de mon petit lit, pester contre les chèvres qui ne voulaient pas se laisser traire, à moins que se ne fût Grand-mère!! , jee ne sais plus, en tout les cas si nous avions le malheur d’être à proximité de l’étable qui se trouvait être la cave, nous étions copieusement arrosés par un jet de lait directement du pie de biquette, il va s’en dire que nous étions souvent là lors de la traie, attendant avec excitation le moment ou viendrait ce jet que nous ne parvenions jamais à éviter hi ! hi ! hi !
  Grand-Père était aussi un peu sauvage, le progrès, il n'aimait pas du tout, rien ne vaut les bonnes vieilles méthodes disait-il, et la télé était selon lui un engin du diable qui lobotomise l’esprit. Bon là il a pas tout à fait tort quand on voit ce qu’il nous propose… oups! je m'égare…. Bien des années plus tard après seulement 5 petites années de retraite bien méritée, Opa fit une hémorragie cérébrale qui le laissa paralysé 7 longues années, ne pouvant presque plus parler et lorsque nous venions le voir avec nos enfants, le seule chose qu’il pouvait encore leur dire, c’ était Coin ! Coin ! Coin ! ce qui les faisait bien rire, il fût donc surnommé Opa Coincoin
  Mais moi je le vois toujours assis le soir dans la cuisine, en train de chercher une station de radio sur l’unique petit poste de la maison, et j’entends encore actuellement avec plaisir toute ces voix et musiques du monde entrecoupées de sifflement et sons bizarres car elles me ramènent non seulement dans le beau pays de mon enfance mais aussi sur les genoux d’un Grand-père aimant.

 

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16-06-03

Oma...

 

   

       

   

Les vacances chez Oma Frieda

   Oma Frieda était la mère de maman. Elle avait la main facile comme nous disions dans le temps et savait se faire respecter croyez-moi. En tout cas avec nous ses petits enfants, pas de problèmes, il est vrai que si nous méritions une fessée, elle n’hésitait pas.

  Mais pour nous, elle était une bénédiction des Dieux.
  J’adorais ma grand mère et je passais systématiquement une partie de mes grandes vacances chez elle.
  Elle habitait dans un village du nord de l’Alsace, dans « l’Alsace bossu », nom qui lui était donné du fait que c’est la fin des Vosges, aux portes de la Lorraine, le paysage y est très vallonné et c’est aussi dans cette région que je suis née.
  La maison surplombait tout le village qui se trouvait dans un creux évidement, c’était une minuscule petite maison dont la plus grande pièce faisait environ 12 m2 elle en comptait 4 plus la cuisine,de l’eau courante froide, mais pas de salle de bain ni de WC.

  En fait de WC, c’était une petite cabane en bois qui se trouvait à l’extérieur derrière la maison avec une grande porte percée d’un joli cœur, je me demande d’ailleurs pourquoi on y mettait un cœur ça n’avait rien de mignon ou alors pour mieux faire passer la pilule beurk…. ça c’est pas impossible.
  Le siège était en bois, c’était une simple planche, découpée en son milieu d' un énorme trou, surplombé d’un couvercle en bois .
  Du moins il était énorme pour mon petit postérieur de l’époque, pas comme maintenant hum !!! … passons ….. Il fallait que je me tienne bien pour ne pas tomber à l’intérieur de l’habitacle, une trappe à l’arrière permettait de vider la cabane de son contenu odorant….
  D'ailleurs mon petit frère a failli y mettre le feu mais ça c’est une autre histoire quand je vous disais que c’était un petit filou…

  La salle de bain se trouvait être la buanderie au milieu de laquelle trônait la lessiveuse à bois, sorte de fourneau où était encastrée une grande cuve en aluminium, c’est là que Grand-mère faisait chauffer l’eau pour le bain, nous y avions droit 1 fois par semaine, le samedi soir en général.
  Fallait être propre pour la messe du dimanche, la baignoire en fonte se trouvait dans un coin sans tuyauterie évidement. On la remplissait avec le sceau et par la suite l’eau s’écoulait à même le sol par une grille et finissait sa course dans le champs derrière la maison le « tout à l’égout », on connaissait pas à l'époque, mais ceci pas avant d'avoir fait pré tremper les bleus de travail de Grand- Père dans l'eau savonneuse du bain en vu de la prochaine lessive, il n'y avait pas de petits économies... D'ailleurs la lessive s'était une vrai aventure et je ne manquais jamais de donner un coup de main ma grand-mère , on faisait donc cuire le linge dans la lessiveuse , ensuite elle passait dans une machine a laver électrique , bin oui quand même , la machine avait un rotor au fond qui brassait le linge ,  puis on essorait le linge à travers deux rouleaux, avant de le rincer dans la baignoire , puis l'essorer à nouveau puis .......etc...... , bon je vous mets une photo de l'engin c'est plus simple

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pour finir on allait le suspendre au jardin , ou a même l'herbe s'il n'y avait plus de place sur la corde.
Mais ne vous méprenez pas, Grand-mère était très à cheval sur la propreté et tout les soirs, elle nous frottait soigneusement de la tête aux pieds jusqu'à ce qu’elle juge que nous reluisions assez, je me demande encore actuellement comment j’ai pu garder ma peau entière après ce traitement de cheval.
  Comme je vous le disais Grand-mère avait deux chèvres et d’ordinaire nous avions le droit à notre bol de lait bien chaud mais pendant les grandes vacances, il y avait toujours un ou deux chevreaux pour notre plus grande joie , mais fin juillet nous devions leurs dire adieu le ventre noué par la tristesse car Grand-père impitoyablement les saignait au dessus du fumier, il fallait bien de la viande pour nous nourrir. Nous
allions aussi quotidiennement chercher le lait chez la Tante Sophie qui avait épousé fermier un peu plus riche.
  Pensez donc ils avaient 5 vaches, c’était une femme sèche et autoritaire c'est du moins comme cela que je m'en rappelle  et je ne m’attardais jamais longtemps chez eux, c’est là qu’habitaient mes petites cousines avec qui je jouais toute l'été...
  Dans le village se trouvait aussi Tante Emma, c’était la plus douce de toute, elle avait toujours ses deux petits-fils en vacance chez elle en été.
  Des citadins de Strasbourg disait-elle, avec eux je m’éclatais aussi une partie de l’été.Ils adoraient aller pêcher le gougeons , et je les accompagnais toujours mais , je ne sais pas pourquoi au bout de quelques temps ,ils n'ont plus voulu que je vienne avec eux , peut-être puisque je renversais systématiquement le seau avec les poissons dans la rivière oups!!!!!!!!!!!!! 
Tante Emma souffrait d’arthrite déformante, ses mains ressemblaient plus à des crochets qu’à des doigts mais elle nous faisait les meilleures tartines du monde sur ces énormes tranches de pain aussi grandes qu’une assiette avec une couche d’un centimètre de beurre ou presque et de la confiture de mûre faite maison.
  Dans le village se trouvait une boucherie, une épicerie, un boulanger et un bistrot, celui-ci distribuait du carburant pas seulement aux joyeux lurons qui fréquentaient l'établissement .mais aussi aux voitures car c’était l’unique pompe à essence à des kilomètres à la ronde, une aubaine pour le patron, il était assuré d’une clientèle fidèle que ce soit à
l’intérieur ou à l’extérieur du bistrot, je crois même, si mes souvenirs sont exacts, qu’il faisait aussi « le Tabac » enfin vous aurez compris il en vendait.
  Malgré tout, il circulait encore pas mal de charrettes tirées par des chevaux, qui eux connaissaient le chemin de bistrot par cœur
  Toutefois , deux fois par semaine, passait la camionnette d’un boucher et d’un boulanger qui s’arrêtaient devant la porte..., nous étions moderne à l’époque, livrés à domicile, c’est là que Grand-mère achetait « le sunteiskonra» ou encore "le grandskonra " ( en Alsacien mais je ne suis pas certaine de l’orthographe, et oui !!! en alsacien aussi ha! ha! ha!  ), c’était des brioches au beurre que le boulanger tressait soigneusement et auxquelles des moules ronds avaient donnés une forme parfaitement circulaire, c’étaient les meilleurs gâteaux du monde, du moins je m’en souviens comme tel .( Vous avez
aussi remarquez  que c'est toujours "les meilleurs choses du Monde" tous ce qui est bon dans vos souvenirs)
  J’adorais  et j'adore toujours encore Tieffenbach, qui est le nom de ce charmant village et je prenais  à l'époque un réel plaisir à l’observer du haut de la colline et.... de mes 8 ans.

 

frise

 

 

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05-06-03

il était une fois une sortie au Zoo

    

   

Une sortie mémorable au Zoo

    

L'unique fois où je me suis rendu au zoo en famille ce fut dans celui de Bâle en Suisse à l'âge de 10 ans.

    

A l'époque nous, Français, passions des vacances de rêve en Suisses et en Allemagne, car l'inflation de ces pays nous était plus que favorable, c'est le contraire maintenant, chacun son tour….bin oui…
      
Lorsque nous partions en expédition, car c'en était une je vous l'assure, tout le quartier y participait ou presque, ce fut donc par une belle matinée d'été que Papa, Maman, leurs 4 enfants, les grands-parents mais aussi Monsieur et Madame Magron les voisins, partirent tous pour Bâle.
      
Tout ce passa très bien jusqu'à l'heure de midi, c'est là que Papa se rendit compte que le pique-nique familial était resté sur la table de la cuisine, ce fut donc le commencement d'un enchaînement de situations plus ou moins comique.
      
Que faire …. d'une meute affamée prête à se jeter sur le premier sandwich qui passerait par là.
      
Papa décida donc, que nous irions nous restaurer dans le magasin de souvenir du Zoo.
      
« Drôle d'idée », fut ma réaction de l'époque, je ne pouvais m'imaginer trouver de la nourriture dans un tel endroit.
      
Des cartes postales, des animaux en peluche, oui mais de quoi manger !!! ….. et moi qui mourais de faim, vous pouvez vous imaginer mon ravissement lorsque je découvris des piles de chocolat, du nougat, des pommes d'amour et des mauresques…
      
« Mauresques : introduisez à l'aide d'une cuillère à glace une boule de vanille dans un cornet en gaufre croustillante, retournez ce dernier et plongez le dans du chocolat noir fondu, saupoudrez enfin de noisettes concassées…. ». Le délice extrême (sourire).
      
Imaginez… un repas entièrement fait de sucreries, moi à qui l'on rabâchait à chaque repas que les légumes étaient sains et bons et la viande tendre et succulente et que je devais finir mon assiette comme une enfant sage pour devenir quelqu'un de grand et fort …. Vous aussi ? Ah oui ???
      
Donc nous nous goinfrions tous consciencieusement de sucre, graisse et autres cochonneries pour faire plaisir aux parents, c'était quand même le repas de midi et il fallait faire honneur à la table.
      
Après ce succulent repas, il fallu bien sur aussi boire, la glace donne soif c'est connu.
      
Nous nous dirigeâmes donc vers le bistrot du Zoo.
      
Pour y accéder, il  fallait monter une vingtaine de marche en pierre pour arriver sur une joli terrasse ou trônaient des tables et chaises en fer forgé peints en blanc.
      
Tout le monde s'empressa de trouver une place et de s'assoir autour de la table,  sauf qu'au moment ou ma grand-mère voulu se mettre assis , elle recula la chaise sur mon pied …. 90kg m'écrasèrent les orteils, j'en ai encore les larmes aux yeux à l'heure actuelle( oui quoi !!! les douleurs fantômes … ça existe je vous jure…) et je ne vous parle pas de l'arc en ciel que je vis à ce moment là devant mes yeux… et plus tard sur mon pied… d'où l'expression en voir de toute les couleurs … enfin c'est presque ça…hi ! hi ! hi !
      
Bon j'ai eu double ration de limonade pour atténuer la douleur, c'était toujours cela de gagné.
      
Je parcourus donc le restant de la visite clopin-clopant sur un pied, je réussis sans trop de mal à descendre l'escalier en pierre, ce qui ne fut pas le cas de Madame Magron qui décida de rebondir comme un ballon bien rond du haut des 10 dernières  marches, nous étions donc maintenant deux inscrites au club de l'arc en ciel.
      
Le Zoo néanmoins était magnifique, le boa n'aurait pas fait honte à Harry Potter , le lion était impressionnant, et la promenade à dos d'éléphant aurait été l'évènement du siècle si nos parents avaient eu les moyens de nous le payer sniff… et que dire des singes… plus drôles les uns que les autres, d'ailleurs Papa, qui en était déjà à son deuxième film photo, voulut prendre un de ces macaques de plus près.
      
L'appareil à photo de Papa était un de ces engins que vous portiez autour du cou et où le viseur se trouvait au-dessus, l'on regardait donc son sujet dans l'objectif en baissant la tête par-dessus le viseur à environ 30cm au-dessus de l'appareil. Vous me suivez….oui?, non?, bon si vous voulez plus de détail contactez moi …
      
Papa s'avança donc doucement vers la cage de l'un des plus beaux spécimens, l'œil rivé sur le viseur, mais voilà, il y avait le grillage, ce qui n'était pas du plus bel effet sur une photo.
      
Mon père avança donc pas à pas vers un trou du grillage pour palier à ce problème, le singe bien en vue dans l'objectif qui l'observait avec intérêt, lorsque mon père vit enfin disparaître le grillage dans l'image de l'objectif, il se trouvait presque nez à nez avec le babouin.
      
Celui-ci alors, rapide comme une flèche, prit Papa par les cheveux et lui en arracha une jolie touffe pour l'emporter au loin comme un trophée de chasse; quant à Papa, il fut si surpris qu'il en tomba sur le cul (un membre « arc en ciel » de plus) se demandant qui lui avait joué ce sale tour, toute l'équipe se tordait de rire.
      
Mais ce fut aussi le glas du zoo pour mon père, la visite était terminée et nous reprîmes le chemin du retour …
      
A hauteur de Colmar mon Grand-père demanda à s'arrêter, pause pipi…, Mon père  gara donc le combi (petite camionnette rouge et blanche de 9 places très prisée à une époque par les hippies des années 60) et pendant qu'une partie de la troupe fit ses besoins l'autre gambadait dans les herbes hautes.
      
Papa quant à lui, toujours son appareil photo à la main, suivait une petite abeille qui malheureusement n'y connaissait rien à la photo et l'emmenait toujours plus loin dans le champ.
      
Tout à coup, ce fut le vide, plus de père, disparu, pfutt… volatilisé ….
      
Il était tombé dans un de ces canaux d'irrigation que l'on trouve dans les champs de la plaine d'Alsace et qui était souvent caché par des herbes hautes. Il n'y avait plus que la tête qui dépassait, toute sa personne ainsi que son précieux appareil à photo étaient enlisés dans une sorte de sauce verdi par les algues et le pollen buerk !!!!
      
Avec beaucoup de mal nous l'avons tiré de cette situation scabreuse et après qu'il ait démonté l'appareil pour le faire sécher, il c'est retrouvé en slip et nous avons repris le chemin de la maison.
      
Pour couronner cette journée mémorable 15 km plus loin nous avons été arrêtés par la gendarmerie pour un contrôle routier, vous vous imaginez la situation, il fallu bien ¼ d'heure à papa pour expliquer aux gendarmes pourquoi il se trouvait à conduire une voiture de hippies en petite tenue.
      
Ils l'ont finalement laissé repartir et en me retournant, je les vis se plier en deux de rire….
    
Nous arrivâmes enfin à la maison, vers 19 heures, tous très fatigués, mais enchantés par cette journée pleine de rebondissement, enfin quand je dis tous !!!... c'est presque cela, car je ne me souviens pas d'être retourné au Zoo de Bâle depuis lors….     

 

 

 

 

 

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03-06-03

il était une fois ...l'école des soeurs

 

 

    

L’école des sœurs

 

Vous pouvez vous en douter, ayant une école catholique à Ste Marie aux mines, il allait de soi que nous devions la fréquenter.
  C’était une grande bâtisse blanche entourée d’une immense cour et de deux jardins potagers.
  C’était une école de fille, sauf la maternelle, seule classe qui acceptait aussi les garçons,faut croire que les sœurs ne les trouvaient pas dangereux, elles avaient tort, n’importe quelle femme vous dira avoir craqué pour un homme de cette âge là … hi ! hi ! hi !
  Il y avait aussi la classe de fin d’étude celle qui vous propulsait vers la vie active dès l’âge de 14 ans, mais par la suite elle fût supprimée, l’école devenant obligatoire jusqu'à 16 ans.
  Ah ! Sœur Gilberte maîtresse d’école de la classe des maternelles, un ange sur terre, l'unique sœur dans cette école qui méritait le nom de « bonne sœur » à mon avis.
  Je me souviens d’avoir porté fièrement une de ses petites culottes blanches à papillon bleu enfin quand je dis la sienne ce n’est pas tout à fait exact…. vous vous en doutez bien.
  Je vins une beau matin en classe sans petite culotte, maman ayant oublié de vérifier si je l’avais bien remonté au moment de quitter les toilettes, confuse maman la ramena (la petite culotte) le lendemain lavée et bien repassée, jurant qu’on ne l’y reprendrait plus, par la suite je passais donc à l’inspection quotidienne de petite culotte et ce jusqu'à l’âge de 10 ans environ ce qui était très gênant, tout cela à cause d’une minuscule erreur de jeunesse .
  Plus tard je me retrouvais avec d’autres sœurs à la grande école certaines étaient de vraies harpies, elles n’étaient bonnes que de nom.
  Tout les matins, lorsque nous arrivions en classe, nous commencions la journée par la prière, puis c’était celle de 10 h, avant et après la récréation, suivait celle de midi et le même cirque recommençait l’après midi, j’avais l’impression de passer mes journées à prier car bien entendu le jeudi, jour de congé il y avait la messe des enfants et le dimanche la grande messe du dimanche et les vêpres de l’après-midi, auxquelles notre grand-père nous obligeait à assister.
  La prière nous connaissions par cœur croyez moi.
  Une fois par mois était désignée l’équipe de nettoyage, c’est elle qui après les cours, devait ranger la salle de classe, effacer le tableau noir, prendre la poussière et remplir les encriers pour le lendemain, c’est elle aussi qui distribuait les cahiers bleus, rouges ou jaunes selon qu’ils étaient de français, de calcul, mensuels ou journaliers.
  Ha!... Le français, ma bête noire, aujourd’hui encore,, je préférais le calcul, on ne disait pas math ça c’était pour le lycée.
  J’adorais résoudre les problèmes.
« Un fermier ayant un champ rectangulaire de 10m sur 25 aimerait le clôturer de fils barbelés, il dispose de 55 poteaux de bois, à quel distance doit-il les planter les uns des l’ autres pour couvrir la circonférence du champs, et combien de mètres de barbelés lui faut-il sachant qu’il désire en mettre trois rangés. » Vous avez trouvez?
  N’était-ce pas beaucoup plus joli comme problème que ces équations actuelles
« Un champs X sera divisé par des poteaux Y qui supporteront du barbelé B, calculer etc… » et bien je préfère la première version … pas vous?
  Malgré mon handicap en français j’ai toujours aimé lire (et ne me dite pas que ceux qui ne sont pas très bon en français s’améliorent en lisant beaucoup, ce n’est pas vrai, j’en suis la preuve vivante).
  je me souviens donc d’un livre de lecture en CM1 qui avait comme personnage principal une petite fille du nom de Léa, je crois bien avoir été une des rares à l’avoir lu deux à trois fois avant la fin de l’année scolaire ce qui aurait dû me faciliter la vie me direz vous, et bien pas du tout, le connaissant presque par cœur , lorsque je devais lire un chapitre à haute voix, dans la précipitation, je remplaçais certains mots par d’autres qui avaient certes le même sens mais qui n’étaient pas au goût de sœur Madeleine et à juste titre bien sûr.
  Je me payais donc à nouveau une mauvaise note, mais faut dire aussi que j’étais par bien des points semblable à mon fils Loïc, la tête dans les nuages, la seule différence c’est que lui arrivait facilement à redescendre de son nuage alors que moi, je restais inexorablement coincée dessus.
  J’ai essayé de retrouver le livre par la suite mais ces vieux manuels avaient disparus définitivement des bancs de l’école.
  Et que dire de la plume et de l’encrier (soupir), vive monsieur Bic, il n’a sauvée plus tard d’interminables phrases à recopier 10 fois à cause d’un gros pâté noir, hâtivement absorbé par le buvard rose bonbon.
  Au fur et à mesure que la belle saison approchait, nous étions de plus en plus indisciplinés enfin façon de parler, car la discipline et le respect étaient de rigueur, faute de quoi nous risquions de voir gonfler nos mains pour cause de coups de règles répétés ou de voir grandir nos oreilles à en ressembler à Dumbo, c’était peut-être le but de l’opération qui sait…
  Nous sentions tous approcher les grandes vacances et lorsque enfin, le dernier jour arriva, nous faisions nos adieux à la maîtresse sans un regard en arrière en chantant cette comptine ...
  -Vives les vacances
  -Plus de pénitences
  -Les cahiers au feu
  -La maîtresse au milieu
  Petits ingrats que nous étions … ;o))

 

 

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